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Un négationniste français caché chez les intégristes belges

(par Jean-Yves Camus de Rue89, du 19/02/09)

Vincent Reynouard a été condamné en 2008 à un an ferme pour négationnisme. En fuite, il a été retrouvé par des journalistes.

Vincent Reynouard dans l'une des vidéos qu'il diffuse sur Internet (DR)

Voilà encore une affaire qui risque d’embarrasser les catholiques intégristes. Vincent Reynouard, un négateur de la Shoah condamné le 19 juin 2008 à Bruxelles, à un an de prison ferme pour négationnisme, vient d’être retrouvé dans la capitale belge, caché par une petite secte intégriste.

Les faits ont été révélés le 12 janvier par l’édition belge de l’hebdomadaire Paris-Match, suite à une enquête menée en commun avec la revue online RésistanceS.be.

Suite à une plainte du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme, l'organisme fédéral belge chargé notamment de l'application de la loi antiraciste et antinégationnisme, Reynouard aurait dû aller en prison.

Mais il avait pris la fuite et vivait depuis dans la clandestinité. Bien que recherché par les polices belge et française, ce néo-nazi n’arrivait pas à être localisé. Or il continuait, tout simplement à habiter Bruxelles, où il réside depuis qu’en 1999, il s’est soustrait à la justice française.

Un comité de soutien piloté par Jeune Nation

Que faisait-il depuis huit mois? Disposant d’un comité de soutien tout à fait public, qui possède une adresse postale en Suisse romande mais qui est en fait piloté par le groupe lyonnais d’extrême-droite Jeune Nation, Vincent Reynouard vivait de planque en planque, trouvant refuge chez des amis politiques, mais il retournait régulièrement chez lui pour voir sa famille.

Or celle-ci est hébergée dans une communauté religieuse catholique intégriste d’Ixelles, une banlieue de la capitale belge. Il s’agit du Sanctuaire Notre-Dame des sept douleurs, située chaussée de Vleurgat, l’artère même où a son siège le Centre communautaire laïc juif de Belgique.

Dans cette même chapelle, un autre négationniste français fuyant la justice, Olivier Mathieu, avait déjà séjourné dans les années 90.

Ce refuge n’appartient pas à la Fraternité Saint-Pie X mais à ce qu’on appelle une "petite église", non reconnue par Rome et dirigée par un "gourou", Monsieur Borbouse. L’homme est connu dans le microcosme extrémiste bruxellois pour avoir dirigé, dans les années 1990, trois librairies à Bruxelles, dans lesquelles il était possible de se procurer les livres négationnistes de la Vieille taupe et des éditions Avalon.

"Il faut adhérer au dogme de la Shoa"

L’affaire Reynouard établit des liens entre plusieurs courants de l’intégrisme catholique et le négationnisme. D’abord, le fugitif, qui ne se cache pas, a confirmé, en donnant une interview à ceux-là même qui l’ont retrouvé, que sa femme fréquente la Fraternité sacerdotale Saint- Pie X (FSSPX), qu’il a enseigné dans une école de la Fraternité et que ses enfants (il en a sept) sont scolarisés dans un établissement lefebvriste.

Selon lui pourtant, le courant lefebvriste est "trop modéré". Il se réclame donc à la fois du "national-socialisme" et du minuscule courant sedevacantiste, pour qui le trône pontifical est vacant depuis Paul VI, les papes étant tous dans l’erreur.

C’est la seconde passerelle vers un petit milieu dont la position sur le génocide nazi est assez clairement négationniste. Pour son principal site Internet:

"Pour être catholique, il faut croire tout ce que nous enseigne le Credo. Pour pouvoir faire parti de la religion moderniste, il faut adhérer au dogme de la Shoa (sic)… Il s'agit d'un pas de plus vers une religion mondialiste."

En un ultime pied de nez à la police, Reynouard explique aux journalistes qu’il s’apprête à quitter la Belgique, "sans doute pour la Suisse".

Photo: Vincent Reynouard dans l'une des vidéos qu'il diffuse sur Internet (DR)