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Succès de la réunion de RLF à Mont-Saint-Aignan

 

Le 21 février, une réunion publique avait lieu à la maison de l'université à l'appel de Ras l'front Rouen, et réunissant une soixantaine de personnes. René Monzat, spécialiste de l'extrême droite invité pour l'occasion, a initié la discussion en rappelant l'histoire de ces mouvements à l'université.

 Il a rappelé que le poids des organisations d'extrême droite à l'université, depuis la fin de la guerre, été plutôt limité. La montée de ces courants a toujours fait réagir la jeunesse et ils n'ont jamais connu de véritable soutien à la base, à part quelques militants aguerris. Les organisations d'extrême droite se bornent depuis longtemps à la réaction, parfois l'agression, contre des mouvements et des militants qui ont pour cadre d'action l'université.

Elles ont pu s'illustrer par l'attaque d'étudiants qui occupaient leur université (comme l'attaque des étudiants en janvier 1967 par des militants d'Occident (1)) ; mode d'action dont elles sont encore coutimières.

fachos.jpg Aujourd'hui, un comité comme celui de Fac Libre 76 (composé essentiellement de militants nationaux-révolutionnaires de Troisième Voie et d'identitaires) s'inscrit dans cette tradition réactionnaire. On peut, à ce titre, se référer à leur site dont un des textes revendique qu'on "[leur] foute la paix à la fac". Concrètement, il faut y voir une menace indirecte contre tout mouvement social qui s'installerait à l'université (2).

Mais globalement, ces organisations, lorsqu'elles rentrent dans le jeu électoral universitaire, obtiennent des résultats assez faibles.

 

René Monzat a aussi rappelé que l'extrême droite avait pu maintenir une certaine influence dans certaines sphères universitaires. Certains individus peuvent ainsi se prévaloir de leur fonction sociale pour véhiculer des thèses négationnistes, notamment, ou racistes. Ainsi, l'activité de l'extrême droite à l'université reste relativement marginale. Cependant, militants et intellectuels qui y évoluent peuvent opérer comme des cadres dans les partis et organisations d'extrême droite et même de la droite parlementaire. Il est ainsi tout à fait avéré que d'anciens militants de l'extrême droite radicale, s'étant assagis, avait rejoint les rangs de partis de droite (comme Gérard Longuet, Alain Madelin, Patrick Devedjian, Hervé Novelli, pour ne citer que les plus "illustres").

 

Enfin l'exposé a été élargi à l'actualité de l'extrême droite française et notamment sur les liens entre Front National et les "satellites" d'extrême droite. Aujourd'hui, Marine Le Pen et son entourage ont opéré un véritable travail de reformulation idéologique ; ce qui a permis en partie de brouiller les cartes du jeu politique. Le FN met l'accent sur la formation d'une idéologie qui ne soit pas seulement contre l'ordre établi, mais cherche à fonder une radicalité de droite, de droite révolutionnaire proche de celle des années 30. Parallèlement à cette évolution idéologique (du moins, dans ce qui est communiqué dans l'espace public), le parti d'extrême droite a perdu sa force d'organisation et possède un faible potentiel de mobilisation. En revanche, la nébuleuse radicale qui gravite à sa droite parvient à faire intégrer certains de ces thèmes dans le "logiciel" FN. Certains de ces groupes servent ainsi de laboratoire d'idées au Front (comme les identitaires par exemple, qui ont contribué au glissement sémantique vers l'"identité" au détriment de leur "protection de la race"). Malgré des rivalités d'organisation et d'options politiques, ils appartiennent tous à la même famille politique.

 

En marge de la réunion de Ras l' front, une petite dizaine de militants fascistoïdes, soit le ban et l' arrière-ban de l' extrême droite rouennaise, a manifesté le désir de venir perturber notre réunion.

Ils sont heurtés à un refus des organisateurs.

Ils ignoraient visiblement que lorsque des associations, des syndicats ou des partis organisent soit des manifestations, soit des réunions, ils/elles se donnent les moyens nécessaires afin que ces initiatives se déroulent sereinement, et en dissuadent les provocateurs d' en perturber le bon déroulement.

 

Sur leur site, Fac-libre 76 (libre de quoi au juste ?) ils relatent cette anecdote dans un « style » qui leur est propre, c' est à dire un agglomérat de haine et de vulgarité agrémentées de remarques sexuelles (partouzes, pignoler …) , le tout bien révélateur de ce type de personnages.

 

Ils relatent ensuite leur fin de soirée mémorable dans une taverne rouennaise… alors qu' ils auraient mieux faire d' aller relire R. Brasillach ou LF Céline comme avait du leur conseiller leur gourou  Stephane A.  , plus connu sous le pseudonyme de Sebastienderouen, présent ce soir là…

Ils nous menacent d' être moins gentils la prochaine fois (toujours les mêmes méthodes d'intimidation…) nous leur promettons, nous, d'être plus nombreux. 

 

Sur leur site, ils mettent des photos de militants de Ras l' front (avec des légendes d'une vulgarité affligeante, mais à leurs yeux sûrement « désopilantes ») non floutées, et sans tenir compte du droit à l' image.

 

Nous nous réservons donc le droit de porter plainte.

 

(1) Gérard Filoche "68 98 histoire sans fin" Flammarion

" J’étais dans le groupe des étudiants de l’UNEF et du Comité Vietnam National présidé par Laurent Schwartz, attaqué le 12 janvier 1967 devant le restaurant universitaire de l’université de Rouen à Mont Saint Aignan. Nous distribuions des tracts contre l’agression US au Vietnam et pour le droit à l’indépendance du peuple vietnamien, en faveur d’un meeting “6 h pour le Vietnam” qui eut lieu dans la salle du Boulingrin à Rouen en février. Il était autour de 12/13 h quand le commando est surgi des brumes (il y avait du brouillard ce jour-là) aux cris de “Occident vaincra”, ils étaient plutôt une quarantaine, fortement équipés de barres de fer et de matraques, et parmi eux, à ma connaissance, Alain Madelin, Gerard Longuet, Alain Robert, Patrick Devedjian, Hervé Novelli, une pépiniére de ministres en fait. La bagarre a duré plus d’une dizaines de minutes, nous avons tout de suite perdu pied car nous n’avions aucune arme face à leurs barres de fer, c’est là qu’il y a eu plusieurs blessés, dont nos camarades Serge Bolloch (fracture du crane) et Laurent Marx (qui était malentendant) Toutes les vitres du restau U ont volé en éclats, chaises et tables ont servi de boucliers, avant que les nervis ne repartent. Le commando était pour l’essentiel venu d’ailleurs, de Paris surtout, il est reparti."

(2) photo de l' extrême droite rouennaise, si soucieuse de la "liberté d'expression" lors de leur vaine tentative d' interdire le concert de ZEP à la MDU de Mont-Saint-Aignan.