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Régionales 2010, scores élevés du FN : une surprise ?

marine4.jpgCertes le FN, avec un score de 11,5% au premier tour des régionales, n'a pas retrouvé pas ses résultats des élections régionales de 2004 (14,7%), mais néanmoins il a pu se maintenir dans 12 régions, ayant passé le cap des 10%:

* 20,9% en PACA
* 18,31% en Nord-Pas-De-Calais
* 15,89% en Champagne-Ardennes
* 15,81% en Picardie
* 14,87% en Lorraine
* 14,01% en Rhône-Alpes
* 13,49% en Alsace
* 13,14% en France-Comté
* 12,67% en Languedoc-Roussillon
* 12,04% en Bourgogne
* 11, 79% en Haute-Normandie
* 11,21% dans le Centre.

Les résultats du 1er tour des élections régionales l' avaient déjà  montré : l' extrême droite, et en premier lieu le FN, a obtenu des résultats inquiétants et significatifs. Avec ses 11,5% au niveau national, il reste solidement ancré dans le paysage politique, malgré l'émergence de listes concurrentes en grande partie issues de ses propres rangs (Parti de la France de Carl Lang). Si des listes comme Alsace d'abord (4,98%) et la Ligue du Sud en région PACA (2,69%), portées notamment par les Identitaires qui confirment leur implantation dans certaine régions, obtiennent des scores non négligeables, le FN conserve néanmoins son statut de premier parti d' extrême droite.

Avec respectivement 20,29% des voix en PACA, 18,31%  dans le Nord-Pas-de-Calais et 14,01% en Rhône-Alpes, les trois principales figures du FN que sont Jean-Marie Le Pen, sa fille Marine, et Bruno Gollnish, réalisent des scores importants, avec des moyens financiers et des capacités militantes nettement plus faibles que dans les années 90.

En s'emparant de la question sociale, Marine Le Pen a confirmé son implantation dans une région considérée comme un bastion historique de la gauche (elle finit 2ème dans le Pas-De-Calais!), et a ainsi marqué  des  points dans la bataille pour la succession à la tête du FN, malgré le bon score de son rival Bruno Gollnish.

Le secont tour n' a fait que confirmer ces résultats : non seulement le recul de l'abstention par rapport au premier tour ( de 53,6 à 48,9%) n' a pas désavantagé le FN, mais celui-ci progresse partout où il s'est maintenu jusqu' à 26,5% dans le Vaucluse et 24,4% dans le Pas-de-Calais. Il obtient ainsi une moyenne de près de 18% des voix ainsi qu'un total de 118 conseillers régionaux. Si il perd des voix par rapport aux régionales de 2004, il améliore ses scores dans une bonne partie des régions où il s'est maintenu, notamment dans le Nord-Pas-de-Calais.


Le fait que  le FN soit non seulement en capacité de se maintenir au second tour dans 12 régions,mais aussi d'améliorer ses scores au second, a fait mentir ceux qui, y compris à gauche, prétendaient au lendemain de l' élection de Nicolas Sarkozy, que le FN était un parti moribond.

 Qui peut s'en étonner ? Si la statégie du candidat  à la présidentielle Sarkozy, qui avait repris une bonne part des thèmes de campagne "traditionnels" du FN avait porté ses fruits en 2007 (en siphonant une partie de l' électorat du FN), sa politique sécuritaire, anti-sociale et raciste n' a fait que renforcer les idées de l' extrême droite, qui a su profiter de l'incapacité du "président du pouvoir d'achat" à apporter des réponses à la crise. 

Pour détourner la colère des couches populaires victimes de la crise économique et sociale provoquée par sa propre politique, Sarkozy et l'UMP ont renforcé un peu plus un climat de racisme et de stigmatisation des musulmans, amplifié notamment lors du débat sur "l'identité nationale", mené par Eric Besson, responsable l'année dernière de l' expulsion de 30 000 étrangers.

 Les petites phrases sur les "auvergnats", sur des candidats comme ALi Soumaré (que le candidat UMP du Val d'Oise avait confondu avec "un joueur de l'équipe réserve du PSG"), le projet de loi sur la Burqa,  mais aussi les petites phrases d'un Georges frêche  ( réélu avec plus de 54% des suffrages en Languedoc-Roussillon) , ne peuvent que légitimer un peu plus les idées de l' extrême droite et donner confiance à ses militants les plus radicaux, qui depuis quelques mois multiplient les actes racistes ou les agressions contre les militants du mouvement social.

 Nous appelons à la vigilance, et à la reprise des mobilisations unitaires face à une extrême droite de "retour" sur la scène électorale, et face à sa frange la plus radicale.