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Rapprochement entre Troisième voie et le Réseau Identités

(Analyse de Julien Licourt)

Les deux mouvements ont décidé de mener des actions ponctuelles ensemble. Un rapprochement plutôt surprenant entre le mouvement nationaliste révolutionnaire et les sécessionnistes du Bloc identitaire.

Troisième voie, mouvement nationaliste révolutionnaire et le Réseau identités, né de la scission du Bloc identitaire pendant l’été 2012, ont décidé d’entamer une collaboration sous forme d’actions ponctuelles communes sur le terrain. Cette alliance a été testée, pour le moment, dans le Sud de la France, sur un cheval de bataille commun : la lutte contre le droit de vote des étrangers aux élections locales. Ils y voient un danger, car les conseillers municipaux votent à leur tour pour le Sénat, et décide d’accorder ou non leur parrainage pour la présidentielle. Ainsi, ils se sont retrouvés à Sète, devant la permanence du député socialiste, ou encore à Montpellier, devant le siège local du PS. Les deux actions ont été menées avec une douzaine de militants. Ce qui peut paraître peu, mais se révèle être intéressant au niveau des alliances stratégiques qui se nouent à l’extrême droite.

Troisième voie développe depuis 2010 un discours nationaliste, où la thématique du travail prend une part importante, et souhaite s’adresser à la classe ouvrière. Le mouvement, mené par Serge Ayoub, tente de structurer, depuis un an, diverses formations de radicaux sous la bannière du Front populaire solidariste. Le Réseau identités est né, quant à lui, pendant l’été 2012, de la scission du Bloc identitaire, suite à des divergences d’ordre stratégiques. Il regroupe la Ligue du Midi, Alsace d’Abord, Jeune Bretagne, la Ligue francilienne, Aquitaine Terroir-tradition, et Auvergne-Limousin identité. Il souhaite fonctionner comme une confédération, laissant à ses membres le choix de participer à une campagne, une action, ou de ne pas y prendre part. Tout comme le Bloc identitaire, il donne une grande importance à la culture et à la métapolitique. Ses porte-paroles sont Richard Roudier et Jacques Cordonnier.

Retour de l’association NCI

Les deux groupes ne semblaient donc pas faits, a priori, pour se rencontrer. Des discussions ont pourtant débuté il y a environ un mois. Troisième voie estime avoir trouvé dans le Réseau identités des gens « d’une plus grande ouverture » qu’au Bloc identitaire dont ils sont issus. Le mouvement tercériste estime que le BI se situe sur « une ligne néoconservatrice et atlantiste« , proposant « un ersatz de nouvelle droite pas assimilée« , rendant impossible tout rapprochement. Quant au Réseau identités, il indique avoir trouvé en Troisième voie l’interlocuteur « le plus proche de [ses] positions [...] tout à fait en phase sur certains sujets« . Si, aujourd’hui, seules des actions contre le droit de vote des étrangers sont entreprises en commun, les deux mouvements semblent vouloir retravailler ensemble par la suite.

Autre enseignement de ces actions communes, on constate le retour de l’association NCI, à l’origine, en mars dernier, des Assises de l’identité, dont nous vous parlions ici, et dont Catherine Blein est toujours présidente. L’association développait alors la proposition de scinder citoyenneté et nationalité.

Plus largement, il faut replacer le rapprochement entre Troisième voie et le Réseau identités dans la recomposition des forces en cours à l’extrême droite : il y a un an naissait la plateforme électorale de l’UDN regroupant PdF, MNR et NDP, à la même époque débutaient les Jeunesses nationalistes, cet été le patron de l’Oeuvre française, Ivan Benedetti, lançait un appel à l’union des nationalistes derrière sa personne et son mouvement, et le Bloc identitaire se divisait avant de mettre sur pied quelques semaines plus tard Génération identitaire. Depuis le changement de direction au Front national, l’enjeu est de savoir quelle formation sera la plus importante à côté du FN.