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Maréchal, nous voilà !

mairiegonneville.jpgLa charmante commune de Gonneville-sur-Mer (Calvados), dans le pays d' Auge, affichait jusqu'en octobre dernier, dans la salle du conseil municipal les portraits de 23 chefs d'état français depuis 1870, dont celui de Philippe Pétain.

L' affaire avait grand bruit à l'époque au point que sur requête du préfet du Calvados le tribunal administratif avait ordonné le retrait du portrait de ce sinistre maréchal. Mais c'était sans compter sur l' Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (ADMP) qui le 5 mai dernier a formé une tierce opposition au jugement d' octobre 2010, avec la perpective d'un nouveau procès.

Mais essayons d'y voir plus clair dans la nébuleuse gérontologico-groupusculaire des différentes associations nostalgiques de Pétain et de la collaboration qui ont connu de multiples scissions (1).

petain2.jpgL' ADMP : créée en 1951 cette association pétainiste comptait dans ses rangs M. Rivollet ,  le général Héring, François Lehideux ((ex-commissaire à la lutte contre le chômage du gouvernement Pétain en 1941 et 1942), l' Amiral Auphan, Jean Borotra (ancien tennisman, ex-responsable des croix de feu dans les années 30 et  secrétaire général à l'education physique sous le gouvernement Pétain) Maître Jacques Isorni , le général Weygand , Jacques Sidos ainsi que André Figueras et le colonel Rémy…Dès sa création, le but de l' ADMP vise le rassemblement de "tous ceux qui ont vu dans l' armistice de juin 1940 un acte sauveur"

Ses activités sont l' organisation de pélerinages à Verdun et Douaumont, ainsi que des voyages à l' île d' Yeu.

Ses objectifs : obtenir la révision du procès de pétain, le transfert de ses cendres à l' ossuaire de Douaumont ainsi que sa réhabilitation et celles des valeurs de la "Révolution nationale".

L' association connaitra plusieurs crises sur lesquelles nous reviendrons, mais regroupera en son sein des gens en provenance de tous les milieux nationalistes.

La première scission en 1972 qui portera le nom de Association nationale Pétain-Verdun (ANPV-1)  sera l'oeuvre de Robert de Périer qui en 1976 sera accusé de détournement de fonds. le nouveau président Hubert Massol se rendit célèbre pour avoir enlevé le cercueil du maréchal Pétain à l' île d' Yeu et l 'avoir transporté en camionette sur les Champs-Elysées. L' ANPV-Massol s'installera à Asnières avec plusieurs centaines de contacts dont feu Mrg Ducaud-Bourget le responsable de l' occupation de l' église St Nicolas du Chardonnet par les intégristes. Hubert Massol appellera à voter Le Pen en 1981.

Robert de Périer précédemment cité va donc créer "son" ANPV (ANPV-2) qui sera basée à Nantes. Disposant de contacts avec "le Comité franco-hispanique" l' ANPV-2 n' hésitera pas à aller participer aux cérémonies en faveur du général Franco en compagnie des néo-nazis de la CEDADE.

En résumé, que du beau linge…

Monsieur Bernard Hoyé, maire de Gonneville-sur-Mer, aurait pu se douter qu' avec une telle initiative (le portrait de Pétain dans sa mairie), il allait ouvrir la boîte de Pandore.

(1) Sources: Jacques Leclercq "Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale".