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Les Identitaires pour les nuls

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Le dimanche 11 novembre, à 16h, les Identitaires de la Vague Normande appelaient à un rassemblement, dans les jardins de l’ hôtel de ville de Rouen afin de glorifier la statue de Rollon qui avait subi quelques « outrages » (en fait des tags). Naïvement nous pensions que les principales préoccupations de la population aujourd’hui étaient le chômage, la précarité, la misère, le droit à la santé et au logement…visiblement ce ne sont pas les préoccupations des zids, ni d’ ailleurs de la population seino-marine (qui se fout et se contre-fout de Rollon) ainsi qu’ en témoigne la photo ci-jointe où ils ne sont guère nombreux…

 Retour sur les Identitaires…

(avec l’ aide de Bertold du Rayon)

Parti politique, groupe extraparlementaire, mouvement tourné vers l‘action, ou encore « think-tank » qui se consacre à l’élaboration d’idées… fascistes ? Les avis ne sont pas unanimes, au sein de la mouvance « identitaire », concernant l’avenir de leurs structures et leurs champs d’intervention prioritaires. Le week-end dernier, ses militants étaient réunis en « convention identitaire » à Orange et ont tenté de trouver un compromis.

Un mode d’intervention de la mouvance identitaire consiste à attirer des secteurs de la jeunesse, ayant soif d’action et fascinés par une utilisation adroite des technologies de communication. Le Bloc se sert habilement d’éléments d’une « contreculture » d’extrême droite telle que musique, utilisation de vidéos, mise en scène (« moderne » par la forme) de mythes. L’un des mythes mis en avant est celui des guerriers de la bataille des Termophyles : dans la Grèce antique, 300 soldats de Sparte se sacrifient pour combattre une « invasion », les Perses en surnombre… Le récit est ancien, la façon de le montrer sous forme de films et vidéos est nouvelle. Le clip-vidéo récemment publié par les Identitaires, montrant la « déclaration de guerre » d’une jeunesse – se décrivant comme victime du multiculturalisme, de la perte de valeurs, et de « l’irresponsabilité » de la génération soixante-huitarde précédente – a vite fait du « buzz » au-delà des frontières, en Europe.

Quelle stratégie ?

Lors de sa convention de 2009, le Bloc s’était officiellement érigé en parti politique. Or, son projet de présenter un candidat à l’élection présidentielle – Arnaud Gouillon, 25 ans, sympathisant du nationalisme serbe – se solda par un piètre échec. A Orange, le week-dernier, les dirigeants identitaires proposèrent ainsi une autre stratégie. Restant avant tout un mouvement faisant de l’agitation pour « faire avancer des idées » – notamment celle du « nécessaire combat contre l’islamisation », récemment marquée par l’occupation d’un chantier de mosquée à Poitiers (en référence à Charles Martel), et contre « le racisme anti-blanc » -, les dirigeants du Bloc lui proposèrent aussi un travail institutionnel au niveau de la politique locale. Philippe Vardon de Nice allant, par exemple , jusqu’à proposer des « alliances électorales » voire « une participation à des exécutifs municipaux » pour les élections municipales de mars 2014.

Avec le FN ?

Or, le principal partenaire convoité pour un tel projet était le FN, ou le « Rassemblement Bleu Marine » qui lui sert d’alliance électorale. Le même jour, dimanche 04 novembre, Marine Le Pen déclina l’offre sur BFM TV. Primo, elle déclara que le Bloc était avant tout « un parti d’agit-prop, d’activistes », donc moins sérieux à ses yeux que sa propre formation. Secundo, elle reprocha aux Identitaires d’être « européistes et régionalistes », ce qui est vrai dans la mesure où ceux-ci prônent une défense de trois « identités » présentées comme imbriquées les unes dans les autres : locale, nationale et « civilisation européenne ». Or, pour le FN, la nation – seule – doit être au centre.

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Le fait qu’il ne soit pas arrimé au FN ni un parti politique à part entière laisse, cependant, d’autres portes ouvertes au Bloc identitaire. Notamment dans la droite classique, où l’on considère le FN comme un parti rival, mais voit parfois – pour certains – d’un bon œil ses frères ennemis. Christian Vanneste, ancien député UMP notoirement homophobe, s’était déplacé jusqu’à Orange. Par ailleurs, entre 15 et 20 députés UMP ont jusqu’à maintenant signé une pétition contre le droit de vote des immigrés, lancée par la mouvance identitaire.