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Le lepénisme est-il soluble dans le sarkozysme ?

Le Pen est donc entré à l'Elysée. Ce n'est pas le scénario dont le président du Front national avait rêvé. Il ne s'est même pas qualifié, pour le deuxième tour de la présidentielle 2007, contrairement au cauchemard de 2002.
Néanmoins, le Pen a quand même gravi les marches du palais de l'Elysée, le 20 juin, invité par le nouveau président de la République, Nicholas Sarkozy. Un beau cadeau d'anniversaire pour celui qui fêtait, le jour même, ses 79 ans. Et un geste politique habile de la part de celui qui a su capter une bonne part de l'électorat lepénistesarko2.jpg
Cette invitation permet à à Sarkozy de banaliser le parti de Le Pen, ôtant à son leader un argument de poids sur son éviction du jeu démocratique. Il montre aussi qu'il n'en veut pas à celui qui a appelé "les électeurs qui (lui) ont fait confiance à n'accorder leur suffrage ni à Mme Royal ni à M. Srkozy et à s'abstenir massivement", au lendemain du premier tour de la présidentielle. Le geste, recevoir le leader d'extrême droite pour parler de l'Europe, peut choquer, banalisant un peu plus le FN. Mais ce qui doit inquiéter plus encore, c'est la façon dont le candidat Sarkozy a su capter l'électorat lepéniste. Il s'agit alors non plus de banalisation mais de légitimation des idées et de certaines des propositions de l'extrême droite. Et la lecture à la rentrée dans les écoles, proposée par le chef de l'Etat, d'une lettre du résistant Guy Môquet ne doit pas rendre dupes ceux qui continuent de faire de la lutte contre l'intolérance, contre la xénophobie et le fascisme, leur priorité.
Ras lfront qui a toujours fait du recul du FN un objectif premier ne peut que se féliciter de l'effondrement électoral du parti d'extrême droite. 4,29% aux élections législatives, une seule triangulaire au deuxième tour avec Marine Le Pen dans le Pas-de-Calais, à Hénin-Beaumont. Rien à voir avec les "200 triangulaires" promises par Le Pen, et même les neuf provoquées en 2002. Néanmoins l'excellent résultat de la fille du leader du FN, à Hénin-Beaumont, sa progression d'entre les deux tours, doit nous amener à la plus grande prudence.
Il n'empêche que Le Pen, en net recul avec un million de voix en moins par rapport à 2002, a continué de séduire, le 22 avril, 10,44% des électeurs, soit 3 835 029 des voix. Ce, malgré la concurrence sévère d'un Nicholas Sarkozy qui a su "décomplexer" la droite. Le leader de l'extrême droite se dit convaincu que ses électeurs se rendront compte de "la duplicité de Nicholas Sarkozy(…) et rentreront au bercail".
Faut-il alors souhaiter que Sarkozy réussisse dans la mise en place d'une société de différenciation sociale et ethnique, d'un Apartheid soft à la française pour que la partie la plus dure de l'électorat de droite lui reste fidèle, empêchant le retour sur l'avant-scène politique d'un FN dirigé par Marine Le Pen ? Non bien sûr. Toute la complexité et l'âpreté du combat de Ras l'front, et de bien d'autres, réside là.
Combattre les mesures iniques que prépare et annonce Sarkozy, tout en gardant un oeil vigilant sur une extrême droite toujhours persuadée que son heure viendra.
Ralph Rond