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Le groupe d’extrême droite Egalité et Réconciliation Normandie rend hommage au fasciste Duprat

C'est à un véritable panégyrique du fasciste François Duprat que se livre le site confidentiel d' " Egalité & Réconciliation Normandie" sous le titre " une ébauche de portrait ".

duprat.jpgQui était Duprat ? Voilà notre réponse avec l'aide de René Monzat et de  Manuel Abramowicz:

Idéologue des néofascistes et autres néonazis négationnistes européens, François Duprat (1941-1978) devient dans les années 1970 le «numéro deux» du Front national  de Jean-Marie Le Pen, mais aussi le leader de son courant radical. Trente et un ans après son assassinat, il est toujours vénéré par l'extrême droite….

 François Duprat professeur d' histoire en Seine-maritime sera, de la fin des années 1950 à la fin des années 1978, de quasi toutes les expériences politiques de l'extrême droite française. Il collabora ou milita – comme militant d'abord et surtout comme dirigeant et théoricien ensuite – dans la plupart des organisations nationalistes, néonazies, négationnistes, antisémites et racistes de référence : mouvement Jeune Nation (1957), Parti nationaliste (1958), Fédération des étudiants nationalistes (1960), Europe-Action (même époque), mouvance de soutien à l'Organisation armée secrète (OAS, mouvement terroriste de défense de l'Algérie française dans les années 1960), publication «Défense de l'Occident» (dès 1967), mouvement Occident (1968), Ordre nouveau (1972), journal «Rivarol» (même décennie), Front national (1972), journal «Combat européen» (1973), Fédération d'action nationale européenne (Fane, 1974)…

François Duprat s'est aussi doté, dans les années 1970, de ses propres structures militantes : les Groupes nationalistes-révolutionnaires de base (GNR), ainsi que de diverses publications : «Les Cahiers européen», la «Revue d'histoire du fascisme»…. Fort de ce curriculum vitae, il devient, au début des années 1970, l’un des piliers du mouvement Ordre nouveau, à la base de la création en 1972 du Front national français. Duprat fait partie des véritables fondateurs du FN qui choisiront l'ex-parlementaire poujadiste Jean-Marie Le Pen pour le présider. Les «lettres de noblesse» de Duprat le propulsent à la direction du Front. Véritable «numéro deux» (après Le Pen), Duprat a été l'artisan de la structuration et du développement du FN en véritable parti politique extrêmement bien structuré .

duprat2.jpgQui a tué Duprat ?
Le 18 mars 1978, François Duprat trouve la mort dans un attentat à la bombe. Pour l'extrême droite, les coupables sont alors tout désignés : les militants d'une inexistante organisation juive révolutionnaire. En réalité, il serait question d'un règlement de compte interne, orchestrée par une tendance adversaire de celle de Duprat au sein du Front national (celle des «solidaristes»). Une autre piste évoque par ailleurs la main d'un service secret français. François Duprat – qui voyageait beaucoup à l'étranger – aurait été un agent de l'un d'eux. Sa disparition violente reste aujourd’hui l'une des grandes énigmes de l'histoire criminelle française.

Selon Frédéric Charpier (Les RG et le Parti communiste), Duprat touchait des subsides de 3000 francs de la part des RG at autant de la DST; autrement dit, de nombreux services l'auraient utilisé…Le même auteur publiera Génération Occident en février 2005, laissant planer une piste représentée par les réseaux Albertini (Est et Ouest), et la publication annoncée d'un ouvrage sur l'argent et la politique, commandée par Jean Picollec pour le compte des éditions Alain Moreau (source Jacques Leclercq).

Juste après la mort de Duprat, l'on se souvient qu'un tract fut distribué sur Rouen par les membres du PFN (parti des forces nouvelles) rappelant les activités du défunt en collusion avec la police, suivi d'un article de Paris-Normandie donnant le nom de code de l'intéressé à la DST…

C'est sous le rituel traditionaliste que les obsèques de François Duprat ont lieu à l'Eglise Saint-Nicolas-du-Chardonnet , le fief parisien de la Fraternité sacerdotale Saint Pie-X (FSSPX). Rien d'étonnant à cela : ce courant catholique est clairement ancré à l'extrême droite de la droite ultra. Dans sa presse ou ses messes, la FSSPX se réfère aussi à l'héritage politique fasciste de la France. Comme Duprat. Quant à l'éloge funèbre publié en avril 1978 dans «Le National», le journal de l'époque du Front national, il est clairement fait référence à son combat négationniste contre les «tabous hérités du second conflit mondial». Il est vrai que Duprat fut aussi un des principaux propagandistes de la négation des crimes de guerre et du génocide des Juifs commis par les nazis en Europe durant la Guerre 39-45.

Aujourd'hui encore, en France , le souvenir de ce dirigeant néonazi et négationniste est pourtant évoqué. De manière inconditionnelle !

Egalité et Réconciliation qui envisage de se transformer en parti politique fin mars 2010 à Paris, a programmé dans ses activités de rendre hommage à Duprat au cimetière de Montmartre.