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Le FN fait de la place aux Identitaires sur ses listes

zidSi officiellement, au niveau des instances nationales, les militants de l’extrême droite radicale, Identitaires et autres, ne sont toujours pas acceptés au Front national (cf. le refus de l’adhésion de Philippe Vardon), l’actualité récente à démontrer que localement, il en va tout autrement… Le sénateur-maire FN Stéphane Ravier en a encore fait la démonstration pour la constitution des listes pour les cantonales, et dans les Alpes Maritimes, les cérémonies de mariage se préparent pour le printemps entre le FN et Nissa Rebela à Nice.

Nouvelle épisode de cette stratégie, la désignation par Stéphane Ravier, maire FN du 7e secteur de Marseille, de Jérémie Piano comme binôme de Florence Le Papon dans le premier canton d’Aix-en-Provence, pour les élections départementales.[1]

Originaire de Cannes, Piano poursuit ses études à Aix-en-Provence où il prend la tête de la tout jeune section de Génération identitaire (GI), qui existe là-bas depuis septembre 2014. Rien d’étonnant pour ce jeune homme qui s’était aussi fait remarquer lors de l’occupation du chantier de la mosquée de Poitiers par GI en octobre 2012. En janvier 2015, il se trouvait à Cologne pour participer à une manifestation de l’organisation islamophobe Pegida, au cours de laquelle il a pu prendre la parole au nom du mouvement identitaire français.

Mais Piano n’est pas seul à Cologne: avec lui se trouve Hervil Legros[2], responsable d’une section GI en Artois, après avoir été pendant deux ans responsable des Jeunes Populaires, la branche jeune de l’UMP[3]. Lors des municipales de 2014, il est 9e sur la liste du RBM qui se présente à Arras. Il se retrouve en octobre 2014 devant les juges pour avoir déployé une banderole « Hollande démission » devant la tour Eiffel, puis avoir crier le même slogan en présence de François Hollande lors d’une cérémonie pour l’anniversaire de l’armistice de 1918.

Ravier n’a pas non plus oublié ses soutiens des militants royalistes de l’Action Française (AF) : toujours à Aix, dans le deuxième canton, aux côtés de Catherine Rouvier, issue du SIEL et tête de liste FN aux élections municipales de 2014[4], on retrouve Olivier Raffard de Brienne, responsable de l’AF étudiante, qui s’est signalée l’année passée par l’attaque d’un local aixois du PCF et des JC.

Salade niçoise

Début février, Nicolas Bay (secrétaire général en charge des élections départementales au niveau national pour le FN), accompagné de Marie-Christine Arnautu (vice-présidente du FN et secrétaire départementale des Alpes Maritimes) présentaient les candidats niçois aux départementales de mars. Les Identitaires ont le vent en poupe au FN dans le sud-est, et ils ont les moyens, par l’intermédiaire du FN, de faire passer leurs idées pour se constituer un petit trésor. Après que certains de leurs militants, pour la plupart de Génération Identitaire, aient été embauchés dans des mairies FN, comme Damien Rieu à Beaucaire ou Julien Langella à Cogolin, les voici maintenant capable d’intégrer l’appartenance FN, comme certains Identitaires l’avaient déjà fait. Même si en novembre 2012, Marine Le Pen excluait toute alliance électorale entre le FN et le Bloc Identitaire, les qualifiants « d’européistes », de « régionalistes », qui « contestent le rôle fondamental de la nation », avec son compagnon Louis Aliot, vice président du FN, qui affirmait qu’ « on ne peut se laisser rattacher aux identitaires », les choses ont bien rapidement changé.

A Nice, sur les 18 candidats aux départementales, on retrouve 4 membres de Nissa Rebela de Philippe Vardon[5] aux cotés de militants FN, parmi lesquels Jeanne Martin, Odile de Tixier Gubernatis, Aulde Maisonneuve et Benoit Loeuillet.

Aulde Maisonneuve et Benoit Loueillet étaient candidats sur la liste Ligue du Sud de Jacques Bompard, lors des régionales 2010 en PACA. Ils ont tous deux participé aux éléctions cantonales sur Nice de 2009 et 2013, sur les listes Nissa Rebela, puis sur la liste de Philippe Vardon pour les municipales de 2014. Benoit Loueillet est quant à lui un peu plus connu des milieux nationalistes, puisqu’il est propriétaire de la librairie du Paillon à Nice, où l’on peut trouver toute la littérature du bon nationaliste. Derrière sa librairie, se situait le local du Bloc Identitaire (le Malouin), dans les anciens locaux du club de supporters niçois les « Brigades Sud ». Loueillet avait d’ailleurs ses habitudes dans ce club, avant leur dissolution en 2010, suite à des violences contre des supporters de Saint Etienne et Lyon. Au niveau politique, il est membre du bureau directeur du Bloc Identitaire, et secrétaire de Nissa Rebella. On pouvait le voir à Paris tenir une table de presse lors des assises de la remigration, organisées par le bloc identitaire en novembre 2014.

Parmi les candidats FN autour de Nice pour ces départementales, un autre personnage de l’extrême droite fait campagne, un ancien conseiller politique sur les questions de sécurité pour Philippe de Villiers, puis Marine Le Pen pour les présidentielles, il s’agit de Michel Thooris secrétaire général du syndicat de police, France Police.

Alors qu’en apparence le FN version Marine essaie de faire passer qu’il n’est pas d’extrême droite, qu’il refuse l’adhésion de Vardon au Rassemblement Bleu Marine, et qu’il prétend n’avoir rien à voir avec la « théorie du grand remplacement » et des identitaires, localement il n’y a aucun problème pour faire des alliances. Pour les prochaines élections en PACA, Nissa Rebela et le Bloc Identitaire choisiront-ils la Ligue du Sud de Bompard ou le FN de Le Pen pour se présenter?

La Horde