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Honteuse réhabilitation

joissains-masini.gifMaryse Joissains-Marini, députée-maire UMP d'Aix-en-Provence, gagne à être connue.

En janvier 2007, elle soutient un amendement visant à rétablir la peine de mort pour les auteurs d'actes de terrorisme, en compagnie de quelques députés "progressistes" dont  MM. Gilard, Lucca, Vanneste, Raoult

Que du beau monde ! 

Mars 2007, elle obtient le droit d'expulser avec l'aide de la force publique les SDF de la commune d'Aix.

Juin 2006, elle soutient une proposition de loi visant à renforcer la procédure d'expulsion des gens du voyage…

Plus récemment elle a donné son accord de principe, pour apposer une plaque "en mémoire des morts de l'Algérie française". Dans un entretien à l'Express en date du 29 mai, elle déclare ne pas être hostile au fait de baptiser une rue au nom de Bastien-Thierry ce militant de l'OAS fusillé pour avoir commandité en 1962 l'attentat du Petit-Clamard destiné à assassiner le général de Gaulle.
Elle dit à ce sujet : "on ne peut pas lui reprocher d'avoir accompli de mauvaises actions. Il a tout simplement agi conformément à ses convictions".

Curieux, une député UMP qui soutient un terroriste….

JM Le Pen n'a finalement plus grand chose à faire.

oas.jpgAu sujet de l'OAS (source LDH Toulon)

« Un creuset de l’extrême droite »

Pour l’historienne Sylvie Thénault  , l’extrême violence de l’OAS obéissait à une stratégie : tenter de torpiller le processus qui conduira à l’indépendance.

  • La violence des crimes commis par l’OAS ne peut seulement s’expliquer, selon vous, par la conscience de défendre une cause désespérée. Quelle stratégie politique servait alors cette violence ?

Sylvie Thénault. Il s’agissait de torpiller toute possibilité de sortir de la guerre. L’OAS se forme en 1961. À cette époque, des premiers pourparlers ont déjà eu lieu entre dirigeants algériens et représentants français. L’objectif de cette organisation était donc de poursuivre la guerre, d’éviter à tout prix que soit trouvée une issue qui conduise à l’indépendance.

  • De quel type de complicités officielles a pu bénéficier cette organisation criminelle ?

Sylvie Thénault. Cela reste un pan encore méconnu de l’histoire de l’OAS. Mais les relais intellectuels ne se démentent pas. Ils existent dans certains organes de presse, comme le Parisien, ou dans des titres d’extrême droite comme Rivarol. Des hommes politiques aussi appuient l’OAS, au moins sur le plan des idées. Citons le « comité de Vincennes », qui compte parmi ses membres Jean-Marie Le Pen. On a beaucoup parlé de complicités à Matignon même, mais cela demeure assez mystérieux et n’est pas établi. Nous manquons, dans ce domaine, de sources écrites et travaillons à partir de témoignages souvent parasités par les rancoeurs et les règlements de comptes.

  • Quelle est la nature des liens qui unissent l’OAS et l’extrême droite française ?

Sylvie Thénault. L’OAS est un creuset dans lequel on retrouve tous les grands courants de l’extrême droite française : catholiques intégristes, partisans d’un État autoritaire, activistes se réclamant du régime de Salazar au Portugal, monarchistes, etc. Au fur et à mesure que la cause de l’Algérie française perdait de l’audience dans l’opinion, elle s’est repliée sur le terrain d’une extrême droite qui en fait son nouveau combat. Paradoxalement, c’est ce qui a fait la faiblesse de l’OAS, car derrière ce combat n’existait aucun projet unissant tous ces courants.

  • Cette histoire revient aujourd’hui sur le devant de la scène, avec l’affaire des stèles de Marignane, mais aussi le vote de la loi du 23 février et de son article 13, toujours en vigueur. Pourquoi vous être ainsi engagée contre cette loi ?

Sylvie Thénault. Ces évènements ne sont pas le fruit du hasard, dans une période où l’extrême droite a le vent en poupe. Critiquer cet article 13 fait partie, à mes yeux, du combat contre cette extrême droite. Les activistes de l’OAS étaient des criminels. La violence des commandos Delta est trop méconnue. Leurs membres étaient sans pitié, sanguinaires. Nous ne parlons donc pas de victimes de condamnations politiques, mais bien de criminels qui ont du sang sur les mains et l’ont revendiqué.