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Exit Philippot ou les mésaventures d’ un ex n°2

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lepenFlorian Philippot, celui qui avait rejoint le Front national en 2011 « pour Marine Le Pen », principal acteur, avec Marine Le Pen, de la « dédiabolisation » et défenseur de la sortie de l’Euro a fini par claquer la porte du Front national, alors que le parti aborde le chantier dit de « la refondation ». Cette démission met fin aux tensions entre la présidente et sa garde rapprochée et Florian Philippot. Ce dernier est jugé responsable de l’échec de la campagne présidentielle, surtout du débat calamiteux de l’entre-deux-tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, semble avoir servi de bouc-émissaire et le fusible a sauté. Le départ de l’ex-vice-président du Front National s’inscrit dans la saga des ex-numéros 2 (Mégret, Lang, Gollnisch). Florian Philippot accuse le mouvement de « relepénisation » et de « régression terrifiante ». En effet, lors de son discours de Brachay, le 9 septembre, Marine Le Pen a réaffirmé les fondamentaux du Front national (immigration, anti-islamisme, défense de l’identité…) : un retour aux années noires pour Florian Philippot. Deux lignes politiques s’affrontaient et la cheffe a tranché. C’est la retour d’une ligne plus droitière avec la montée en puissance d’ex-mégretistes : Nicolas Bay et surtout Philippe Olivier. Cependant, Marine Le Pen joue sur les deux tableaux : la réaffirmation des fondamentaux et le maintien d’une ligne « Ni gauche, Ni droite ». La rupture du tandem Marine Le Pen-Florian Philippot, ne semble pas être un divorce idéologique. C’est essentiellement la stratégie Philippot, partagée par la cheffe, qui a conduit la direction frontiste à mettre en avant les questions économiques et sociales, tout en désertant le terrain de la Manif pour Tous (ce qui a encore accentué chez certains cadres frontistes l’anti-philipponisme).

Florian Philippot est parti vers d’autres cieux, mais lesquels ? S’affirmant gaulliste, il affirme sa volonté de « chercher à réunir les patriotes de tous bords ». Un appel du pied à Nicolas Dupont-Aignan. Dans la foulée, il annonce la création d’un groupe « Les Patriotes » avec Sophie Montel au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Finalement, il a transformé son mouvement en parti, ce qui lui permet de recevoir des dons et de présenter des candidats (contre le FN) lors des prochaines échéances électorales

Même si le départ de Florian Philippot et de ses partisan (environ 30 élus), n’est en rien comparable avec la scission de Bruno Mégret, cette crise assombrit encore un peu plus le ciel frontiste et la crédibilité de la présidente, au moment où le parti ouvre le chantier dit de « la refondation ».

Jean Paul Gautier