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Deux mille nationalistes ont défilé à Moscou le 4 novembre

  

russie_aux_russes.jpgDémonstration de force des nationalistes russes

FÊTE NATIONALE . À l’occasion du 4 novembre, ils ont défilé dans des dizaines de villes du pays.

Moscou,

correspondance particulière.

La fête nationale russe du 4 novembre dite « Unité du peuple », porte décidément mal son nom. Comme la première, la seconde édition de cette fête initiée par le pouvoir poutinien à la place des commémorations de la Révolution d’octobre 1917, s’est transformée en démonstration de force des nationalistes, impérialistes grand-russiens et racistes de Russie. Une première cette année, plusieurs dizaines de milliers de policiers et omons (CRS en russe) ont été mobilisés dans toutes les villes du pays afin d’éviter les débordements fascistes. Le sang n’a pas coulé, mais le bilan de cette journée aurait pu être dramatique tant le pouvoir sait orchestrer avec soin l’hystérie xénophobe : les leaders nationalistes passent régulièrement dans les médias et bénéficient apparemment de soutiens au plus haut niveau. Mais l’État Russe qui flatte d’une main les xénophobes sait aussi les réprimer de façon démonstrative… Et des centaines de personnes ont été arrêtées dans tout le pays. Mêlant d’ailleurs sans distinctions fascistes, antifascistes et journalistes.

Meetings et manifestations nationalistes se sont multipliés ces derniers temps de Vladivostok à Moscou (et même à Kiev en Ukraine), sous les slogans de « la Russie aux Russes », « immigrés clandestins, dehors ! ». Et dans la majorité des cas, des débordements n’ont pu être évités. Ainsi à Moscou, ou une « marche russe » a été interdite par la mairie, 2 000 manifestants ultranationalistes se sont malgré tout rassemblés pour clamer leur refus de l’immigration. Sous le regard des forces de l’ordre, les manifestants ont déployé des drapeaux de la Russie tsariste, scandé « Gloire à la Russie », et lancé des saluts nazis. Le même jour, un millier de personnes, droite et gauche confondues, se sont rassemblées pour manifester leur refus du nationalisme. Les militants antifascistes de gauche ont dû pour cela surmonter leurs réticences à manifester avec des partis de droite libérale qu’ils jugent responsables de la montée du fascisme en Russie par les réformes ultralibérales menées dans les années quatre-vingt-dix.

À la différence de la manifestation antifasciste de décembre 2005, où la droite avait chassé les gauchistes pour « incitation à la haine sociale », les deux camps ont fait preuve de tolérance. Et se sont rejoints pour scander certains slogans : « le fascisme ne passera pas ! », ou « notre patrie, c’est toute l’humanité ! ». Si aucun parti n’a cherché à récupérer la manifestation, ce qui doit être salué, il convient de noter l’absence et le silence du plus important parti soi-disant de gauche : le Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF). La direction du Parti communiste, qui boycotte systématiquement tout événement antifasciste et flirte avec des organisations nationalistes, affiche à la moindre occasion sa sensibilité à la « question russe ». Le drapeau de l’antifascisme de gauche est surtout levé par les jeunes militants de la nouvelle gauche, trotskistes et anarchistes.

Carine Clément

(Source : L'Humanité)

Parmi les principaux partis d'extême droite en Russie signalons le LDPR (parti libéral démocratique de Russie) dont le leader est  Vladimir Jirinovski (grand ami de JM Le Pen) , Rodina ( patrie) dont le leader est Alexandre Babakov, ainsi que le DPNI (Mouvement contre l'immigration illégale).

Ils se distinguent par l'ultranationalisme, la xénophobie et l'antisémitisme