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Aux origines du régionalisme normand

(avec l'aide de Jacques Leclercq "Dictionnaire de la mouvance droitiste…" et de Jean-Paul Gautier "Les extrêmes droites en France")

mt_normand.jpgLancé en 1971 et succédant au Mouvement de la jeunesse de Normandie, le Mouvement normand est un mouvement régionaliste où se côtoient différentes composantes.

Il milite pour pour la réunification de la Basse et la Haute-Normandie. Il diffuse deux revues, Haro et L'Unité normande, et entretien des liens avec l' Office de documentation et d' information de Normandie (ODIN) et la revue Culture normande, dirigée par Michèle Le Flem.

didier-patte.jpgLe principal dirigeant du mouvement, Didier Patte (1), adhère en 1961 à la Fédération des étudiants de Rouen, classée à l' extrême droite, dont il devient président en 1965. Il entre ensuite à la direction nationale de la FNEF. Jusqu'en 1973, il collabore au mensuel étudiant normand, L'oeuf.
En 1969, il crée le Mouvement de la jeunesse de Normandie rejoint par l' Union de la région normande à laquelle appartient Jean Mabire qui se définissait comme "Normand et Européen". Certains militants du Mouvement normand appartiennent aux frontières traditionnelles de la droite, alors que d'autres ont un passé extrémiste ordinaire (Europe-Action), parfois plus "dur" encore. Le Mouvement avait hérité aussi de militants de la mouvance néo-nazie avant qu'ils en soient écartés. La Nouvelle droite et Jean Mabire ont beaucoup influencé le groupe dont les reponsables auront été Paul German autrefois maire de falaise, Jean Fournée, Pilippe Wooland et Didier Patte. Autres fondateurs: René Gyomard, Yves Lessard, Jean-Guy Bernard. Certains sont aussi des militants à la CFTC. Au conseil d' administration du Mouvement figuraient, en 1999,  Le Rachinel et Eric Pinel à l'époque militants du FN.

Dans les années 1980, apparaît le Norman Nationalist Party (NNP), fondé en novembre 1982 par Ch. Coutard (ex-FANE et directeur de Notre Europe combattante en 1989). Joël Tropée, ancien responsable du FN, est nommé secrétaire général en 1985. Mouvement à l'idéologie musclée, xénophobe et antisémite, le NNP a présenté des candidats aux cantonales en Normandie en 1985. Le NNP luttait pour la réunification de la Normandie, la création d'un parlement et d' un exécutif. Ses militants se définissent comme des "socialistes nationaux" ou "des ethnicistes normands": "Il va s'en dire que pour nous le socialisme est dans le sens de la justice sociale, de l'opposition au socialisme marxiste ethoncide que nous combattons et du socialisme à la française qui n'est autre qu'un socialisme franc-maçon, lié au lobby juif, cosmopolite et oppresseur(…). Nous nous opposons catégoriquement au métissage du peuple normand qui amène un apprauvissement du sang et une dégénérescence de la race blanche".

Le NNP est partisan d'une épuration de la classe politique normande : "il existe parmi les élus normands des corps étrangers dont l' élimination politique est vitale" (La Manche libre, 24 février 1985).

La revue Utlagi, sous titrée "Pour un éveil culturel et identitaire", lancée à la fin des années 1990 et dirigée par Didier Mouezy, entend mener le combat dans le domaine de l' héritage culturel de la Normandie, du Maine et de la Bretagne:" Avant de savoir où tu vas, apprends à savoir d' où tu viens".

Sans oublier, au milieu des années 1980, l'existence d'un fantomatique Parti ethiniciste normand européen dans la région de Caen, lié au PNFE: "Pour l'ordre et la justice sociale normande, défendons-nous!".

(1) Un DVD réalisé par Didier Patte "Guillaume le conquérant en procès" est actuellement popularisé sur le site d' extrême droite du Bloc identitaire Novopress.