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Toutes les affiches et tous les autocollants des fascistes de tout poil doivent être recouverts immédiatement dans notre région. |
Les Identitaires |
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| 06-12-2011 | |
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(source: rebellyon)
Vague normande à Rouen,Rebeyne à Lyon, Nissa Rebela à Nice ou Projet Apache à Paris, il s’agit en réalité des anciens groupes des Jeunesses Identitaires : mêmes militants, mêmes types de propagande, présentés aujourd’hui comme des groupes complètement autonomes et plus axés sur des thématiques régionalistes. Cette nouvelle dénomination tente de différencier dans l’opinion publique les « Jeunesses Identitaires » du « Bloc Identitaire ». Les premiers ayant vu leur président, Phillipe Vardon, condamné par la cour d’appel d’Aix-en Provence pour « reconstitution de ligue dissoute » en septembre 2008. Le Bloc Identitaire, aux prétentions électoralistes, ne désire évidemment pas qu’on se rappelle le passé des membres des deux structures au sein d’Unité Radicale, dissoute par décision de justice suite à la ridicule tentative d’assassinat de Jacques Chirac par l’un de ses membres, Maxime Brunerie. Les Jeunesses Identitaires ne se sont pas pour autant transformées en groupes indépendants, la structure nationale a disparu devant une autre appelée « Une Autre Jeunesse » dont la principale apparition s’est résumée en une manifestation de 250 personnes à Paris en octobre 2010. Côté décisionnel, les ordres et la hiérarchie interne à ces groupes restent sensiblement les mêmes. Ces changements de dénomination, de structures, et parfois même de choix stratégiques mettent toujours en avant la même propagande, centrée essentiellement sur le triptyque Immigration-Islam-Sécurité, si cher à l’actuel gouvernement. Autant dire que la politique actuelle offre une vulgarisation de leurs idées à peu de frais... Prenons un moment pour revenir sur les grandes lignes de leur idéologie. Identitaires ? Du réchauffé idéologique sous une couche de publicité Passons sur le discours policé sur l’identité européenne, nationale et régionale qui masque mal un racisme viscéral, l’absurdité de parler d’« identité charnelle » comme ils le font nous parait assez claire sur le fond. Cherchons plutôt du côté des principes théoriques (l’ethno-différencialisme, explication sur Wikipédia relativement biaisée, on reviendra plus tard sur cette notion partagée en partie par d’autres groupes considérés comme « de gauche ») et de leurs sources (la Nouvelle Droite, la Nouvelle Revue d’Histoire, etc.). Ces théories ne sont pas arrivées par hasard au sein de l’extrême-droite. Conscients que se trimballer les vieux refrains éculés d’une extrême-droite plus traditionnelle n’est pas vraiment vendeur, les Identitaires piochent du côté de la Nouvelle Droite, émanation du GRECE (pour Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne. Dépasser le nationalisme par l’identité européenne, tout en s’opposant à l’Union Européenne. Depuis la fin des années 60 l’extrême-droite s’essaie, sans grand succès, à l’internationalisme régionalisé en ressortant le vieux fantasme d’un peuple européen cohérent. C’est aussi le GRECE qui a élaboré au début des années 70 la théorie de la « métapolitique » qui pousse les Identitaires et d’autres à multiplier les associations pour « faire de la politique hors de la politique » : l’idée de base de cette théorie était de contrecarrer le fait que leurs idées n’ont pas d’échos positifs dans la population quand elles apparaissent clairement. On retrouve ainsi parmi les inspirateur des Identitaires des anciens du GRECE comme Guillaume Faye. La perception sociologique, anthropologique, des Identitaires est donc des plus nauséabondes. Leur perception historique vaut également le détour. Développant une fascination pour le « roman national », notamment à travers la vision biaisée que peut donner de l’histoire des revues aussi peu sérieuses que la NRH (Nouvelle Revue d’Histoire), les Identitaires s’inscrivent dans la droite ligne de l’extrême-droite française, celle qui n’a jamais réussi à prendre pied chez les historiens et les archéologues en raison de sa vision archaïque de l’histoire nationale. Mais les Identitaires ont également mis en avant une volonté de s’approprier des symboles historiques plus marqués à gauche, plus populaires, comme les canuts à Lyon ou les « apaches » à Paris. La situation donne des résultats surprenant puisque par exemple le 8 décembre, les Identitaires se réclamant des révoltés du XIXe siècle lyonnais en fêtent les bourreaux . Dur de trouver une cohérence historique là-dedans...
Finissons sur une note ironique, si les Identitaires aimeraient être les « apaches » de notre société, il n’en oublient pourtant pas d’appeler « la police avec nous » alors qu’ils manifestaient dans les rues de Lyon après les émeutes de l’automne 2010 (on ne les a guère vu venir nous voir pendant). Ces rebelles modernes venaient donc « aider la police » à « finir le travail ». Ils sont tellement rebelles qu’ils en viennent dorénavant à participer aux élections, à l’image de leur modèle italien (la Ligue du Nord). Ainsi le Bloc Identitaire, la structure « propre », s’est-elle implantée à Lyon en plus de Rebeyne, et elle participe déjà ailleurs aux élections locales. Après avoir participé aux élections à Nice (seule élection où leur score ne fut pas ridicule) ils avaient annoncé la candidature d’un « jeune européen de souche », aux élections présidentielles de 2012, c’est chose faite, et Arnaud Gouillon, ce vainqueur en puissance n’aura finalement tenu que quelques mois avant de se retirer « pour raisons financières », entre la rencontre de Fabrice Robert (président des Identitaires) avec l’état-major du FN, et l’incapacité de ces derniers à récupérer les 500 signatures tant désirées... On pourrait passer des heures à détailler leur évolution politique, notamment le passage de certains de leurs membres de l’antisémitisme d’Unité Radicale au pro-sionisme, leur logique vis-à-vis du marché du RAC (Rock Against Communism, scène musicale néo-nazie) autour du label Alternatives, ou encore leurs tentatives d’implantation dans le milieu Hooligan… Mais ils ne valent pas la peine que nous nous étendions ici sur ces points... Aujourd’hui comme hier : no pasaran !
Pas de fachos dans nos quartiers,
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