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Autocollant antifa

Toutes les affiches et tous les autocollants des fascistes de tout poil doivent être recouverts immédiatement dans notre région.
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Les Pays-bas, laboratoire de l' extrême droite...

14-03-2010

(source : Alain Gresh)

wilders.jpgLes résultats des élections municipales du 3 mars aux Pays-Bas ont montré une forte progression du Parti pour la liberté (PVV) de Gert Wilders, qui pourrait devenir, lors des élections générales de juin, une force essentielle du pays. Ce parti xénophobe et populiste, qui affirme vouloir « lutter contre l’islamisation des Pays-Bas », présentait des listes dans deux villes uniquement. Il est arrivé en tête à Almere (190 000 habitants), avec 21,6% des voix. A La Haye, il est le deuxième parti.

Deux analyses intéressantes de cette progression :

Libération.fr du 5 mars publie un entretien avec Jérôme Jamin, professeur à l’université de Liège et auteur de L’imaginaire du complot, qui analyse les spécificités du phénomène Wilders : « Wilders parvient à articuler son rejet de l’islam dans un registre quasi progressiste ».

A la question « Où se situe Wilders sur le spectre politique ? », Jamin répond :

« C’est un libéral de droite, populiste, mais pas d’extrême droite. L’extrême droite renvoie à un discours ultra-nationaliste contre tous les étrangers. Wilders, lui, se prononce pour l’égalité hommes-femmes, la défense des homosexuels. Il n’a jamais de discours antisémite. »

« La dimension populiste est quant à elle très classique. Ce n’est pas la première fois – en Europe comme aux Pays-Bas – qu’un parti tient un discours à la gloire du peuple, contre les élites. C’est une posture hors-système habituelle, avec un rejet des partis en place, accusés d’inefficacité. »

« L’autre élément, très important chez Gert Wilders, c’est la stratégie originale utilisée pour critiquer l’islam. Un certain nombre de partis populistes de droite ou d’extrême droite ont compris que la meilleure manière de développer leurs thèses, c’était de ne plus le faire sur un registre xénophobe. »

« Wilders parvient à articuler son rejet de l’islam dans un registre quasi progressiste et laïc. Il brouille l’analyse. Il utilise par exemple les vieilles idées de l’égalité homme-femme, de défense de la liberté d’expression, contre l’islam. C’est une façon de détourner les valeurs et de les reprendre sous un angle très hostile. »

Une analyse que reprend Laurent Chambon sur le site Minorites.org, dans un texte intitulé « Retour à chaud sur les élections néerlandaises » (8 mars). Docteur en sciences politiques, chercheur à l’Université de Poitiers et spécialiste des minorités en politique et dans les médias, il a siégé pour le Parti travailliste à Amsterdam Oud-Zuid de 2006 à 2010.

« Une des inventions bénéluxiennes les plus populaires est une extrême droite post-coloniale et post-raciste (en tout cas dans sa forme), qui base son rejet des migrants sur des critères laïcs et “progressistes”. Le Vlaams Belang de Filip Dewinter en est un bel avatar flamingant et islamophobe, et Pim Fortuyn et sa LPF, Rita Verdonk et son Troots op Nederland (ToN, “Fier des Pays-Bas”) comme Geert Wilders et son Partij voor de Vrijheid en sont différentes versions néerlandaises.

Le Vlaams Belang a été le premier à savoir rassembler ouvriers flamands au chômage, commerçants angoissés, homos en cuir et juifs orthodoxes anversois contre les musulmans, alors que Jean-Marie Le Pen faisait encore des vannes lourdes sur les chambres à gaz ou le lobby juif. Dewinter arrivait déjà à mobiliser les minorités non-musulmanes flamandes avec la peur des musulmans. »

« Marine Le Pen s’essaye exactement à la même stratégie : elle décolonise et déblanchit son parti, pour passer d’un discours raciste, homophobe et sexiste à un discours républicain, tolérant envers les gays, les juifs et les noirs, mais très violent envers l’Islam. »

« La presse française hésite à qualifier d’extrême droite Geert Wilders et son parti, parce qu’il n’est ni antisémite, ni raciste, ni homophobe. Mais c’est justement ça, la nouveauté. La plupart des électeurs français enclins à voter à l’extrême droite n’ont pas connu ni l’Eglise toute puissante et sa messe en latin, ni la décolonisation ni même la guerre d’Algérie. La plupart des électeurs de banlieue ont des potes noirs, juifs, pédés ou arabes. Ils ont été à l’école ensemble, ils ont passé beaucoup de temps à tenir les murs des cités pendant leur adolescence, ils vont peut-être pointer ensemble au Pôle Emploi. » (...)

« Donc je récapitule : Wilders est en train de mettre en place l’extrême droite version 2.0 débarrassée de racisme, d’homophobie et de colonialisme. La plupart des partis sont contaminés, du VVD qui se gave des électeurs de Wilders là où il ne se présente pas, au Parti travailliste qui met de l’ordre dans son programme et ses rangs en fonction des canons wildériens. Et les partis du peuple (le CDA dans les campagnes, le SP dans les villes) se dépeuplent. Alors oui, Wilders ne s’est présenté que dans deux villes, mais son idéologie a gagné énormément de terrain, et pour citer notre Jean-Marie national, les électeurs préfèrent l’original à la copie. Il ne serait donc pas surprenant que le PVV devienne le premier parti du pays, et je ne vois pas la droite avoir des problèmes avec l’idée d’une coalition dirigée par Geert Wilders. Quant à son programme, la gauche travailliste ayant déjà rendu son appareil et son programme compatibles, la résistance ne devrait pas être énorme. »

« Dewinter a rendu xénophobe et nationaliste une grande partie du monde politique flamand, et Wilders est en train d’y parvenir aux Pays-Bas. C’est ça, la leçon politique que le Bénélux est en train de donner à l’Europe. Marine Le Pen y travaille en France, avec l’aide active d’Eric Besson, l’extrême-droite britannique y travaille aussi. Les pédés, les juifs et les noirs peuvent enfin respirer, enfin officiellement, mais si j’étais musulman je commencerais sérieusement à vérifier que mon passeport est encore valable, que j’ai de l’argent liquide disponible et une valise sous la main. »

Non, le visage de la xénophobie et du nationalisme haineux n’a plus les mêmes contours que dans les années 1930, ni même que dans les années 1960. Il n’en est pas moins inquiétant...

Dernière mise à jour : ( 14-03-2010 )
 

Affiche "Non à l' islamisme": le FN est-il un parti illégal ?

13-03-2010

(source Rue89 : Faycal Megherbi conseiller juridique du MRAP)

fn.jpgUne nouvelle fois, le parti d'extrême droite français, le Front national, incite à la haine raciale. En cause : une affiche surtitrée « Non à l'islamisme » avec une femme vêtue d'un niqab noir, placée devant une carte de France portant les couleurs du drapeau algérien et cernée de sept minarets en forme de missiles. Ce visuel a été utilisé par le Front national de la jeunesse (FNJ) pour la campagne des élections régionales en Provence-Alpes-Côte-d'Azur.

A partir de cette attaque raciste qui vise un peuple, un Etat indépendant et une partie de la société française, il est légitime de s'interroger sur la légalité de ce parti dans un pays comme la France, qui clame son attachement aux libertés fondamentales et aux droits de l'homme.

La France officielle cautionne-t-elle les dérapages de cette association politique ? Le président de la République française et son gouvernement ont-ils un pouvoir de contrôle des activités illicites des partis politiques ?

Les demandes ou les besoins de la population ?

Les partis politiques en France ont le statut d'associations -régies par la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d'association- organisées de façon durable et implantées sur l'ensemble du territoire. Ils ont pour objectif d'exercer le pouvoir ou au moins d'y participer.

Le pluralisme et la mise en concurrence de différentes formations politiques sont un des fondements de la démocratie et de la liberté d'opinion. Cette exigence est inscrite à l'article 4 de la Constitution de la Ve République, de même que la liberté d'adhérer ou non à un parti.

Les partis politiques « concourent à l'expression du suffrage », selon l'article 4 de la Constitution. Ils participent à l'animation de la vie politique :

  • Ils sont les intermédiaires entre le peuple et le pouvoir : ils recensent les demandes ou les besoins de la population et les transforment en programme politique ;
  • Ils ont une fonction de direction : ils ont pour ambition d'exercer le pouvoir afin de mettre en œuvre la politique annoncée.

La division de la cohésion de la société nationale

L'affiche du Front national de la jeunesse

L'affiche susvisée tombe sous le coup des dispositions de l'article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse qui prévoit les principes suivants :

« Ceux qui, par l'un des moyens énoncés à l'article 23, auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende ou de l'une de ces deux peines seulement. »

Ce support de propagande illicite, qui ne traduit ni les demandes ni les besoins du peuple français, ne peut viser que la division de la cohésion de la société nationale. Ce qui est dangereux et menaçant pour la sûreté, la sécurité et l'ordre public.

Ce que ce parti n'a pas encore compris, c'est que la France est devenu diversifiée et multicolore et que l'identité nationale française est multiple.

L'islam et l'Algérie font partie de l'histoire de la France et des racines de la nation française d'aujourd'hui. La preuve la plus convaincante est la composition du gouvernement actuel, formé de personnalités politiques issues de cette diversité qui fait de la France un pays multiculturel.

Unité radicale et la Tribu KA déjà dissoutes

Il est judicieux de rappeler que le droit public français prévoit des mesures administratives pour promouvoir le principe d'égalité de traitement dans les rapports publics et les relations entre personnes ou les groupes de personnes. En conséquence, les autorités administratives ainsi que les institutions gouvernementales disposent d'un certain nombre de pouvoirs et de compétences afin de veiller au respect du principe de non-discrimination et d'égalité dans la société française.

La loi n° 72-546 du 1er juillet 1972 relative à la lutte contre le racisme complétant l'article 1er de la loi du 10 janvier 1936 relative aux groupes de combat et milices privées permet au président de la République de prononcer par décret, en Conseil des ministres, la dissolution des associations ou groupements de fait qui :

« […] provoqueraient à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupement de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ».

C'est sur ce fondement qu'a été dissous, par décret du 6 août 2002 pris par le président de la République en Conseil des ministres, sur rapport du ministre de l'Intérieur, « le groupement de fait dénommé : Unité radicale » suite à la tentative d'attentat contre sa personne par un membre de ce groupe d'extrême droite.

Le 28 mai 2006, la Tribu KA, groupuscule noir ultra-radical et raciste, faisait irruption rue des Rosiers à Paris et provoquait des incidents avec la communauté juive. Une procédure avait été lancée par le ministère de l'Intérieur pour qu'elle soit dissoute. Le Conseil des ministres l'a entérinée, le 26 juillet 2006. La décision, prise sur proposition du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, se fonde sur la loi du 10 janvier 1936 relative aux groupes de combat et milices privées.

Le FN bénéficie toujours de l'argent public

Il est à noter également que le financement des partis politiques a été réglementé à partir de 1984. Quatre grands principes régissent aujourd'hui ce financement : il est essentiellement d'origine publique. C'est la nouveauté apportée par les lois sur le financement des partis : l'aide publique est désormais la ressource principale des partis.

Peut-on accepter en France qu'un parti diviseur comme le Front national bénéficie toujours de l'argent public et continue à faire des ravages dans la vie politique française. Est-il toujours nécessaire de rappeler que la devise de ce pays est encore « Liberté, égalité et fraternité » !

Une autre question se pose naturellement : veut-on vraiment la normalisation des relations entre l'Algérie et la France ? Avec cette affaire d'affiche d'un parti français qui a encore agité les passions et le silence assourdissant de la classe politique française, ces deux pays sont-ils condamnés à rester éternellement des « ennemis intimes » ?

Il est légitime d'affirmer que la France officielle doit prendre les mesures nécessaires et symboliques pour éviter justement les « dérapages » calculés de certains responsables d'associations politiques. Le but est d'arriver enfin à concrétiser la paix entre les peuples et poser finalement les fondements d'une relation basée sur le respect réciproque, deux objectifs chers au Président français, Nicolas Sarkozy, initiateur de l'Union pour la méditerranée.

Dernière mise à jour : ( 14-03-2010 )
 

Le Monde et Marine Le Pen

08-03-2010

(source : le blog de CSP)

marine.jpgElle est en campagne pour les régionales et tout est beau et merveilleux.

"Sur le marché de Marquise (Pas-de-Calais), jeudi 4 mars, la vedette c'est elle (...) Presque personne refuse ses tracts. Au contraire, on lui tape sur l'épaule pour en obtenir un. Les gens viennent la voir pour être pris en photo avec elle. "Vous êtes naturelle, c'est bien", dit une quadragénaire tout sourire. "C'est bien, on vous voit à la télévision, et vous êtes ici", renchérit une autre femme."

Rarement candidate aura été à ce point décrite comme en état de grâce. L'article - non signé, bizarrement...- en est comme illuminé par autant de charme et de sourire, on dirait que c'est un reportage sur feue Grace Kelly. D'ailleurs, notre candidate l'est un peu, quelque part :

"Un quasi-statut de star (...)"Je n'aime pas cette terminologie." Pourtant, l'effet "vu à la télé" joue à plein, renforcé par la présence de journalistes autour de la candidate"

Les médias se pressent autour d'elle, suspendus à ses lèvres, dans l'attente fébrile et émerveillée d'un sourire, d'une parole, de rien qu'un regard...
Et si il n'y avait qu'eux ; mais c'est littéralement le peuple, l'humble et laborieux peuple tout entier qui s'enflamme comme amadou pour notre héroïne :

"Un boucher de viande chevaline lui déclare presque sa flamme : "Un si beau visage est le plus beau des spectacles. Elle est magnifique."

Il faut dire que la situation locale ne rigole pas trop et qu'on a bien besoin d'un peu de rêve et d'espoir, si vous saviez.

"Dans cette région touchée de plein fouet par les plans sociaux et les délocalisations", elle "assure percevoir "un désespoir particulier, des cris de détresse terrifiants". La candidate fustige un appauvrissement "plus brutal ici qu'ailleurs", compare l'épicerie sociale d'Hénin-Beaumont - ville où elle a mené campagne aux municipales de 2008 - à "l'URSS", et concentre son discours sur le social et l'économie"

Bon, c'est un peu bizarre de comparer une épicerie sociale avec les charmes austères de l'économie planifiée mais bon, ne nous arrêtons pas à de menus détails, voulez-vous ? D'autant qu'elle parle de tellement de choses, notre Madone des humbles et des sans-grades. De fermetures d'usine, de petits commerçants contre la grande distribution, de son indignation qu'il n y a pas lieu de croire insincère puisque l'article reprend mot à mot tout ce qui sort de la bouche de

Marine Le Pen.

Parce que oui, au fait, cette candidate que notre journaliste suit langue pendante est la fifille à Jean-Marie, et fait donc campagne pour ce charmant et délicieux parti tout d'amour et de bisous qu'est notoirement le Front National. Alors bien sûr, contexte local oblige, elle met la pédale douce sur l'immigration - qui nous envahit de partout - et on force sur le social version poujadisme old-school. Même si on s'autorise une petite sortie, hein, histoire de ne pas se rouiller :

"Les attaques contre l'immigration passent au second plan, à peine seront-elles évoquées lors d'une conférence de presse où Mme Le Pen dénoncera "les passeurs et les associations d'aides aux migrants."

Ces dernières étant assurément hautement responsables du désespoir social en pays ch'tis. C'est lumineux. Non ?

Désespoir dont fait son beurre la formation xénophobe - oui, au fait, il faut juste rappeler et y compris au journaliste du Monde enamouré que le FN est un parti politique qui a toujours surfé sur la démagogie raciste, et se trouve de fait être un instrument de division des classes populaires pour éviter que celles-ci se tournent vers les vrais coupables. Ça a l'air d'être une sorte d'évidence, comme ça, mais on dirait que certains ont comme tendance à l'oublier, parfois...

Alors on peut se questionner sur les intentions de la rédaction du Monde quand elle publie sans aucun recul critique une telle hagiographie ; expression sincère et béate devant une candidate ainsi parée de toutes les vertus ? Ou manœuvre retorse ayant d'obscurs calculs politiques en filigrane - on fait monter A pour faire chier B en espérant qu'à la fin ça favorisera C ? On ne sait.

Ce dont on est certain en revanche, c'est que dans tous les cas de figure, on sert la soupe au Front National.
Comme depuis plus de vingt ans, en somme.
Et vous allez voir que ce sont les mêmes qui vont pleurer de chaudes larmes hypocrites quand les résultats tomberont.

Ce qui est le plus lamentable, c'est de voir que le FN est utilisé par tout le monde médiatico-politique pour servir d'épouvantail et justifier ses propres saloperies, et le seul bilan qu'on peut tirer de cette instrumentalisation consentie et acceptée comme telle par le parti d'extrême-droite, c'est le pourrissement généralisé d'une société bouffée par un racisme devenu endémique et de plus en plus décomplexé.

Et la poignée de crapules qui jouent à ce sale petit jeu savent parfaitement ce dont il retourne réellement.
Dernière mise à jour : ( 08-03-2010 )
 
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