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Lettre du CDLF à M. le Préfet de Seine-maritime

28-06-2008

Collectif pour la Défense des Libertés Fondamentales 

Maison des Associations et de la Solidarité22 bis, rue Dumont d’Urville76000 ROUENCDLF : 06 27 06 42 70

Rouen le 25 juin 2008

 

Monsieur le Préfet

Préfecture de la Seine-Maritime

7 Place de la Madeleine

76 000 ROUEN

Monsieur le Préfet, 

Suite aux événements dramatiques qui viennent de se dérouler au CRA de Vincennes :  -Mort d’un sans papiers tunisien le 21 juin, décès qui serait du à l’absence d’accès aux soins  qui lui auraient été nécessaires et qui a suscité beaucoup d’émotions parmi les « retenus ». - Incendie le lendemain dimanche de deux bâtiments du centre de rétention- Transfert et dispersion de la totalité des « retenus » aux quatre coins de la France dont une vingtaine au CRA de Oissel.  L’ensemble des organisations qui composent notre collectif tiennent à vous faire savoir qu’elles considèrent le gouvernement- de par sa politique anti-immigré, politique du « chiffre » en matière d’expulsions, dont se glorifiait encore ces derniers jours le ministre Hortefeux- comme directement responsable de la situation explosive dans les CRA. Situation sur laquelle la Cimade avait alerté le gouvernement, notamment concernant Vincennes, depuis longtemps.Politique du chiffre qui fait que ce centre de Vincennes (comme les prisons, d’ailleurs) était en « surcapacité », puisque sa capacité de 280 places était le double de la limite légale. Nous tenons par ailleurs à dénoncer très fermement et à affirmer notre profonde indignation concernant le communiqué du porte parole de l’UMP Frédéric LEFEBVRE qui tend à rendre responsable de ces évènements les membres du Réseau Education Sans Frontière.  Devant la situation créée et devant l’épreuve morale et physique qui a été imposée à ces personnes déplacées en pleine nuit, coupées de tout contact et dans l’impossibilité de faire valoir leur droit à des recours éventuels, ce qu’en tant que représentant d’un Etat de droit, vous ne devriez pouvoir accepter, nous demandons instamment monsieur le Préfet, la libération, à titre humanitaire, de tous les retenus transférés et particulièrement de la vingtaine qui a été emmenée à Oissel. Par ailleurs, devant cette situation exceptionnelle, nous vous demandons d’accorder à une délégation de membres de notre collectif de pouvoir rencontrer ce vendredi à partir de 18H l’ensemble des transférés pour leur apporter aide et assistance et recueillir leurs doléances. Dans l’attente, recevez monsieur le Préfet, l’expression de nos salutations citoyennes.Pour le CDLF

Yvon MIOSSEC

 

P.S Copie pour information au Directeur du CRA de Oissel 

Collectif pour la Défense des Libertés Fondamentales (CDLF) : Alternative Libertaire, les Alternatifs, Asti de Petit Quevilly, ATTAC Rouen agglo, CFDT-Sgen, CEFED 27,  Collectif des sans papiers de Rouen agglo, Collectif solidarité de Saint-Etienne du Rouvray, Collectif 76 des salariés du secteur social et médico-social, Emancipation, F.A, FSU, LCR, LDH, MRAP, MRC 76, PCF 76, Ras l’Front, RESF, SUD-Education, Union Syndicale Solidaires.

Dernière mise à jour : ( 28-06-2008 )
 

Honteuse réhabilitation

22-06-2008

joissains-masini.gifMaryse Joissains-Marini, députée-maire UMP d'Aix-en-Provence, gagne à être connue.

En janvier 2007, elle soutient un amendement visant à rétablir la peine de mort pour les auteurs d'actes de terrorisme, en compagnie de quelques députés "progressistes" dont  MM. Gilard, Lucca, Vanneste, Raoult...

Que du beau monde ! 

Mars 2007, elle obtient le droit d'expulser avec l'aide de la force publique les SDF de la commune d'Aix.

Juin 2006, elle soutient une proposition de loi visant à renforcer la procédure d'expulsion des gens du voyage...

Plus récemment elle a donné son accord de principe, pour apposer une plaque "en mémoire des morts de l'Algérie française". Dans un entretien à l'Express en date du 29 mai, elle déclare ne pas être hostile au fait de baptiser une rue au nom de Bastien-Thierry ce militant de l'OAS fusillé pour avoir commandité en 1962 l'attentat du Petit-Clamard destiné à assassiner le général de Gaulle.
Elle dit à ce sujet : "on ne peut pas lui reprocher d'avoir accompli de mauvaises actions. Il a tout simplement agi conformément à ses convictions".

Curieux, une député UMP qui soutient un terroriste....

JM Le Pen n'a finalement plus grand chose à faire.

oas.jpgAu sujet de l'OAS (source LDH Toulon)

« Un creuset de l’extrême droite »

Pour l’historienne Sylvie Thénault  , l’extrême violence de l’OAS obéissait à une stratégie : tenter de torpiller le processus qui conduira à l’indépendance.

  • La violence des crimes commis par l’OAS ne peut seulement s’expliquer, selon vous, par la conscience de défendre une cause désespérée. Quelle stratégie politique servait alors cette violence ?

Sylvie Thénault. Il s’agissait de torpiller toute possibilité de sortir de la guerre. L’OAS se forme en 1961. À cette époque, des premiers pourparlers ont déjà eu lieu entre dirigeants algériens et représentants français. L’objectif de cette organisation était donc de poursuivre la guerre, d’éviter à tout prix que soit trouvée une issue qui conduise à l’indépendance.

  • De quel type de complicités officielles a pu bénéficier cette organisation criminelle ?

Sylvie Thénault. Cela reste un pan encore méconnu de l’histoire de l’OAS. Mais les relais intellectuels ne se démentent pas. Ils existent dans certains organes de presse, comme le Parisien, ou dans des titres d’extrême droite comme Rivarol. Des hommes politiques aussi appuient l’OAS, au moins sur le plan des idées. Citons le « comité de Vincennes », qui compte parmi ses membres Jean-Marie Le Pen. On a beaucoup parlé de complicités à Matignon même, mais cela demeure assez mystérieux et n’est pas établi. Nous manquons, dans ce domaine, de sources écrites et travaillons à partir de témoignages souvent parasités par les rancoeurs et les règlements de comptes.

  • Quelle est la nature des liens qui unissent l’OAS et l’extrême droite française ?

Sylvie Thénault. L’OAS est un creuset dans lequel on retrouve tous les grands courants de l’extrême droite française : catholiques intégristes, partisans d’un État autoritaire, activistes se réclamant du régime de Salazar au Portugal, monarchistes, etc. Au fur et à mesure que la cause de l’Algérie française perdait de l’audience dans l’opinion, elle s’est repliée sur le terrain d’une extrême droite qui en fait son nouveau combat. Paradoxalement, c’est ce qui a fait la faiblesse de l’OAS, car derrière ce combat n’existait aucun projet unissant tous ces courants.

  • Cette histoire revient aujourd’hui sur le devant de la scène, avec l’affaire des stèles de Marignane, mais aussi le vote de la loi du 23 février et de son article 13, toujours en vigueur. Pourquoi vous être ainsi engagée contre cette loi ?

Sylvie Thénault. Ces évènements ne sont pas le fruit du hasard, dans une période où l’extrême droite a le vent en poupe. Critiquer cet article 13 fait partie, à mes yeux, du combat contre cette extrême droite. Les activistes de l’OAS étaient des criminels. La violence des commandos Delta est trop méconnue. Leurs membres étaient sans pitié, sanguinaires. Nous ne parlons donc pas de victimes de condamnations politiques, mais bien de criminels qui ont du sang sur les mains et l’ont revendiqué.

Dernière mise à jour : ( 25-06-2008 )
 

Nervis fascistes à Rouen

03-06-2008

Manifestation d´un groupuscule d´extrême-droite en marge des fêtes Jeanne d'Arc à Rouen

croix_celtique.pngVendredi 30 mai 2008, vers 20h, ils sont une quarantaine de fachos en bombers et crânes rasés à commémorer Jeanne d'Arc, portant banderoles et flambeaux, devant le supposé bucher de la pucelle, place du vieux marché, à Rouen...

Ils sont encadrés par quelques forces de police car, semble-t-il, la manifestation est déclarée en préfecture. Après le sermon d'un prêtre acquis à la cause, ils réclament "la fin de la séparation de l'église et de l'état", dénoncent "le mondialisme" et disent "défendre l'identité nationale". Merci pour les slogans débiles ! Une fois de plus, c'est une action musclée des fachos qui ont certes réussi à intimider par leur présence quelques passants mais dont l'action restera heureusement sans aucune portée politique.

Déjà, depuis quelques années, apparaissaient dans les rues de Rouen des autocollants au graphisme efficace et au slogans lapidaires "contre le racisme anti-blanc" ou "face à la racaille, tu n'es plus seul", signés "Jeunesses Identitaires". Plus récemment des pochoirs bombés à la-va-vite "Zone identitaire" sont venus fleurir le bas des murs dans les ruelles qui sentent la pisse.

bloc_identit.jpgCes mêmes militants avaient déjà fait une tentative d'apparition le 9 mars dernier, soir des résultats des dernières élections municipales. Une dizaine d'entre eux avaient alors tenté de perturber la proclamation de la victoire du PS aux cris étranges de "Le Kosovo, c'est la Serbie"... Leur action, ridicule, était cette fois aussi passé presque inaperçue (voir notre article  Actualités régionales en date du 24/03/08 : "Forts en geule..."). 

S'ils déploient tant d'effort pour se montrer à Rouen, c'est que cela fait des années qu'ils essayent en vain de s'y implanter. Ils ont créé le site internet d'une section de leur organisation à Rouen mais s'ils ont réussi à être quarante lors de cette dernière démonstration, c'est seulement grâce au renforts de nombreux militants parisiens et lillois, venus nombreux pour soutenir leurs petits camarades rouennais.

Sans parler d'eux plus que nécessaire, montrons leur que les fachos et skins en tout genre ne sont pas bienvenus et ne laissons pas leurs slogans et autocollants pourris sur nos murs !

Dans la presse locale : Paris Normandie, édition de Rouen datée du 3 juin 2008, "rubrique canard à la rouennaise", page 8

Un bref rappel sur les Jeunesses Identitaires : c'est une organisation d'extrême droite, plus à droite que le FN lui même. Constituée juste après la dissolution d'Unité Radicale et avec la plupart de ses militants. (Pour rappel, Unité radicale c'était l'organisation aujourd'hui dissoute à laquelle appartenait le jeune Maxime Brunerie, tireur qui tenta de tuer Chirac lors d'un défilé du 14 juillet). Les effectifs des identitaires sont très réduits ainsi que la portée politique de leurs actions cependant ils sont très actifs sur internet, et dans la rue, ils n'hésitent pas à recourir à la violence en toute occasion contre leurs détracteurs. C'est certainement le seul risque qu'ils représentent aujourd'hui. Ce groupuscule qui se dit nationaliste révolutionnaire survit principalement de ses activités avec quelques groupes de "musique" acquis à la cause et trouve des renforts dans le milieu des supporters de foot "ultra"... IJ.jpg

(Article paru chez nos amis de Rouen alternatif.com)

Dernière mise à jour : ( 25-06-2008 )
 
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